Philippe Ciaparra

Photographe

Exposition

Une sélection de tirages uniques aux sels de palladium selon le procédé par développement.

Un voyage s’apparente à une forme d’abandon,
c’est d’aller aux confins d’une expérience mystérieuse.

Les photographies proposées ici sont des paysages, en partie crépusculaires, réalisées quelques minutes avant que la nuit soit totale, lors de voyages aux États-Unis et dans plusieurs régions d’Europe sur une période de dix années. Elles sont présentées selon une forme non narrative malgré l’importance donnée à l’ordre de l’accrochage.

Au fil de mes voyages, j’ai traversé des paysages ténébreux aux ombres menaçantes et des villes silencieuses aux perspectives fantomatiques. Au travers du brouillard, parait des êtres discrets, peut-être au lourd passé satanique, figures allégoriques dans ces lieux pourtant réels. Ce ne sont pas des paysages arcadiens et ils ne me sont pas hostiles, ils me sont rassurants car dénués de tout élément pouvant troubler mon regard.

Tout au long de l’exploration de mon inconscient et dans la solitude nécessaire à réinventer le réel, bercé par la musique d’Anton Webern et Jana Winderen, je m’invente dès lors une saison improbable, au vent subtil et à la fraîcheur constante, où cette lumière crépusculaire serait enfin éternelle, j’ai là une façon de me retrouver seul face à moi-même et, d’une certaine manière, de tenir tête aux illusions de la réalité.

Alors soumis à mon imaginaire, plongé dans le paysage de mon voyage intérieur, je me fais voile du réel, ainsi transfiguré, je deviens celui qui me dira :

Viens, suis-moi, ouvre tes yeux et regarde…
…Regarde car ceci est ton utopie.